Elles jouent du piano et préparent une omelette: ces mains robotiques à la dextérité humaine font le buzz

Imaginez la "Chose" de la Famille Addams, mais version haute technologie. Vêtues de gants noirs, ces mains robotiques réalisent des gestes d'une finesse inouïe: résoudre un Rubik's Cube, manipuler des objets mous ou fragiles, et même préparer une omelette aux tomates.
Si attraper un œuf sans l'écraser semble naturel pour un humain, il s'agit pour une machine d'un défi colossal. La manipulation fine est considérée comme le "Saint Graal" de la robotique. Cette innovation est l'œuvre d'un Français, Théophile Gervet, qui a fondé son entreprise Genesis AI aux États-Unis, faute de financements dans l'Hexagone.
Jusqu'ici, la plupart des robots étaient spécialisés dans une tâche unique, comme visser ou trier. Le projet de Genesis AI est de créer un "cerveau universel". Grâce à une IA qui analyse des milliers d'heures de vidéos montrant des humains en train de cuisiner ou de manipuler des objets, le robot apprend par mimétisme.
C'est une étape majeure: après être restée "coincée" derrière nos écrans pour générer du texte ou des images, l'intelligence artificielle commence enfin à comprendre et à interagir avec le monde physique.
Cette démonstration n'est qu'un avant-goût. Dans un futur proche, ces avancées pourraient permettre l'arrivée de robots humanoïdes capables de cuisiner à domicile, de monter un meuble ou d'assister des personnes âgées.
Une autre vidéo de l'entreprise Figure AI a également marqué les esprits cette semaine : on y voit deux robots ranger une chambre et faire un lit. Saisir une couette et la rabattre délicatement sur un matelas constitue une performance technique majeure, car la manipulation de matières molles reste extrêmement complexe pour un ordinateur.
Si ces images sont impressionnantes, la prudence reste de mise. Par le passé, certaines démonstrations s'étaient avérées être pilotées à distance par des humains. De plus, passer d'un environnement de laboratoire ultra-contrôlé à une maison réelle, avec des objets qui traînent, des animaux de compagnie et des batteries à l'autonomie limitée, représente un défi immense. C'est ce fossé entre l'expérimentation et le quotidien que les ingénieurs devront combler dans les années à venir.
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