Psychologie. Comment annoncer une séparation aux enfants ?

Dire les choses, sans inquiéter, tout en protégeant… L’annonce de la séparation du couple parental aux enfants peut ressembler à un numéro d’équilibriste. Quelle attitude adopter ? Quels mots choisir ? Y a-t-il un bon moment ?
La décision d’une séparation est prise, reste à l’annoncer aux enfants. Quand ? « Il n’existe pas de moment idéal en soi. Tout dépend de chaque contexte, de chaque histoire », répond Caroline Gormand, praticienne en psychothérapie et sophrologue. A retenir : il convient « d’éviter de mettre l’enfant devant le fait accompli ».
Et donc de ne pas l’informer au dernier moment, la veille de la séparation effective. Et pour cause, « il a besoin de se projeter, d’être rassuré, de savoir ce qu’il va lui arriver. Il faut avoir à l’esprit que pour lui, la séparation est vécue comme un deuil : celui de la famille telle qu’elle était vécue avant, quelquefois aussi le deuil d’une maison ou d’une école, etc. », poursuit-elle.
Une histoire d’adultes. Reste la façon de l’annoncer, dire ou ne pas dire… Une certitude : cette étape doit se dérouler en présence des deux parents. Et sur la forme, tout dépend bien sûr de l’âge de l’enfant. Avant l’adolescence, Caroline Gormand insiste sur les points suivants, qui visent essentiellement à le protéger :
- S’en tenir exclusivement à ce qui concerne l’enfant : « papa et maman ont décidé de ne plus vivre ensemble, et en même temps nous restons toujours ton papa et ta maman », illustre-t-elle. A ses yeux, « il est très important que l’enfant comprenne que cette séparation n’a rien à voir avec lui, qu’il n’en est pas responsable. Donc on ne rentre pas dans des explications et des problèmes d’adultes». Il n’a donc pas à être informé des raisons ou circonstances qui ont amené ses parents à prendre cette décision : « il n’est pas en mesure de les comprendre ni de les entendre sans souffrir », justifie-t-elle ;
- Tous les désaccords et les griefs du couple conjugal doivent impérativement être traités en l’absence de l’enfant.
Les liens… Si l’enfant est petit, Caroline Gormand propose d’utiliser certaines « ficelles » : l’une qui relie les deux parents et l’autre, les deux parents ET l’enfant. L’on ôte alors la première nommée. Le but étant de montrer que si le lien conjugal se termine, cela ne change en rien les autres liens, avec l’enfant donc. Au passage, « cela permet aussi de rappeler aux adultes que même séparés, chacun d’entre eux jouit d’une autorité parentale légale, de devoirs et une responsabilité vis-à-vis de l’enfant, jusqu’à la fin des études… », explique-t-elle.
Et l’ado ? Enfin, si l’enfant est un adolescent, il convient « de garder la même pudeur et réserve sur ce qui concerne la relation conjugale, et donc lui demander de ne pas s’en mêler », enchaîne Caroline Gormand. « L’on peut davantage dialoguer et expliquer, mais l’adulte n’a pas pour autant, à justifier ses choix devant son ado. »
Le Progres



