Hantavirus : c'est quoi ? Symptômes, transmission, traitement... Tout savoir sur ce virus et la situation

L'hantavirus inquiète le monde entier. Tout a commencé sur un bateau de croisière, le navire MV Hondius, reliant Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert et touché par un cluster d'hantavirus. La croisière a viré au drame avec 11 cas, dont 3 décès. Le risque d'épidémie d'hantavirus suscite des inquiétudes, malgré les protocoles mis en place lors des rapatriements des passagers.
Une Française, qui était sur la croisière et a été rapatriée, fait partie de ces 11 cas identifiés. Ce test positif a été annoncé par la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 11 mai. Elle est "dans un état grave", a rapporté la ministre lors d'une conférence de presse. D'autres Français rapatriés du navire ainsi que 22 cas contacts, pour le moment tous négatifs à l'hantavirus, sont également en isolement. Si la situation inquiète, l'OMS estime toutefois que le risque pour le grand public est "faible".
Les hantavirus sont une famille de virus qui sont généralement transmis par les rongeurs. Mais une souche d'hantavirus, appelée souche des Andes, est la seule parmi la trentaine de souches connues qui peut être transmise entre humains. C'est hélas cette souche qui a été identifiée chez les passagers contaminés. En plus de se transmettre entre humains, la souche des Andes est particulièrement dangereuse : elle est mortelle dans 32 % des cas en moyenne.
Si les hantavirus peuvent provoquer différents symptômes, l'hantavirus des Andes est à l'origine d'atteintes pulmonaires parfois très graves. Après une incubation de 2 semaines en moyenne (mais pouvant aller jusqu'à 6 semaines), ce syndrome pulmonaire à hantavirus se manifeste d'abord par de la fatigue, de la fièvre, des douleurs musculaires ; puis d'autres symptômes peuvent apparaître comme des problèmes digestifs, puis "une atteinte pulmonaire grave et rapide avec détresse respiratoire et cardiaque" d'après Santé publique France. Le taux de létalité de cette forme d'hantavirus est élevé puisqu'il peut atteindre jusqu'à 60 %. Sur le navire de croisière touché par ce cluster, le taux de létalité est aujourd'hui d'un peu moins de 30% (3 décès sur 11 cas identifiés).
Hélas, il n'existe pas de méthode spécifique de prévention ni de traitement des infections à hantavirus. Le traitement est uniquement symptomatique. Mais des mesures de prévention peuvent limiter le risque d'être touché. Dans le cas de la souche des Andes, l'isolement est la clé pour éviter la transmission à d'autres personnes. "Ce qui est important c'est d'agir tout au début et c'est là où on en est, c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus", a expliqué la ministre de la Santé à France Inter.
Sur France Inter, la fondatrice de la centrale d’achat pharmaceutique Pharmazon explique sur France Inter avoir vu ses ventes de masques exploser en quelques jours. "Nous, distributeurs, on n'en a pas beaucoup en stock, donc on se retrouve avec des pénuries, cela va durer quelques jours, le temps que la production et la distribution se mettent en route", explique Audrey Lecoq. Toujours d’après les informations de France Inter, la demande de masques FFP2 a été multipliée par cinq en moins d'une semaine. En ce qui concerne les masques chirurgicaux, la demande a été multipliée par quatre.
Après l'hantavirus, un autre bateau de croisière est actuellement confiné à Bordeaux à cause d'une probable épidémie de gastro-entérite. Ce sont loin d'être les seuls exemples. Ces épidémies, généralement dues à des norovirus, sont fréquentes sur les bateaux de croisière. Ces navires sont en effet à l'origine d'une promiscuité importante entre de nombreuses personnes, avec des surfaces (poignées, boutons d'ascenseurs, buffets...) fréquemment touchées, ce qui peut faciliter la transmission de virus. Les passagers, étant majoritairement des séniors, sont plus à risque de complications. Bien sûr, toutes les croisières ne sont pas à l'origine d'épidémies : dans la plupart des cas il n'y a pas de problème.
Même si la situation actuelle liée à l'hantavirus rappelle le début de la pandémie de Covid-19, il y a pourtant de nombreuses différences. La première est que l'hantavirus des Andes "est connu depuis plus de trente ans, ce qui n’était pas le cas du coronavirus responsable du Covid", rappelle l'épidémiologiste Antoine Flahault au Figaro. La deuxième est que l'hantavirus se transmet a priori bien moins facilement que le Covid-19. La troisième, moins positive, est que "le virus des Andes est beaucoup plus virulent, en termes de sévérité, que celui du Covid", rappelle le spécialiste. L'hantavirus des Andes a en effet un taux de létalité d'environ 30 %, contre 1 % pour le Covid-19. Enfin, nous avons appris de la pandémie de Covid-19, ce qui s'est notamment traduit par une réponse internationale rapide et collaborative.
44 % des Français ont "peur" de l'hantavirus, selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD. Les femmes, les moins de 24 ans sont les plus inquiets. Même si les autorités sanitaires, le gouvernement et les professionnels de santé rassurent quand à la situation, elle n'est pas sans rappeler le début de l'épidémie de Covid-19. La situation actuelle inquiète d'autant plus que l'hantavirus des Andes est bien plus dangereux, avec un taux de létalité pouvant atteindre 60 %. Du côté positif, seul un cas positif a été déclaré en France, et 11 cas au total, tous des passagers du bateau de croisière. L'hantavirus se transmet bien moins facilement que le Covid-19.
Les souches américaines, et notamment la souche des Andes (endémique en Argentine), provoquent un syndrome pulmonaire, la forme la plus sévère connue d'hantavirus. Ce syndrome peut entraîner une défaillance pulmonaire et cardiaque. Le taux de létalité est en moyenne de 30 %, mais il peut atteindre 60 % dans certains cas. La souche des Andes est surtout plus inquiétante car elle est la seule parmi les hantavirus à pouvoir se transmettre entre humains.
Matignon a affirmé à plusieurs médias que le stock stratégique de masques était "suffisant pour protéger le pays pendant minimum 3 mois en cas de vague épidémique". Et c'est sans compter les masques qui peuvent être produits. "Notre capacité de production masques sur le sol Français est estimée entre 2,6 et 3,5 milliards de masques par an", d'après Matignon.
Le ministre des Transports s'est exprimé à France Info sur la crise d'hantavirus. Il a assuré qu'il "n'y a aujourd'hui aucune restriction, quel que soit le mode de transport". Il a assuré qu'aucune destination n'est déconseillée, en tout cas en raison de l'hantavirus. Les Français peuvent "voyager comme ils le souhaitent", a précisé Philippe Tabarot. Sur le sujet du port de masques dans les transports, il a répondu que "ce n'est pas le retour des masques, pas de précaution particulière".
Auditionnée à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé Stéphanie Rist assure ce mercredi midi qu'il n'y a pour le moment "aucune raison de porter un masque".
Elle a également tenu à rassurer sur la situation en France : "Je voudrais être très claire : actuellement, il n'y a pas de circulation du virus. Nous avons un seul cas dans notre pays" ; ainsi que sur les craintes liées aux mutations du virus. "A ce stade il n'y a pas de mutation. On va avoir dans les jours, heures qui viennent la certitude que le virus n’a pas muté", affirme la ministre.
Elle a enfin confirmé que le stock de masques est "suffisant pour protéger le pays pendant minimum trois mois en cas de vague épidémique, ce qui n’est pas la situation actuelle" et qu'il n'y a "pas d'alerte sur le nombre de places en réanimation".
L'hantavirus, dans sa souche dite des Andes, se manifeste d'abord par des symptômes proches de ceux de la grippe. Au début, les symptômes ne sont pas spécifiques et ressemblent à une grippe : maux de tête, fièvre, douleurs musculaires... Des symptômes digestifs, comme des douleurs abdominales, des nausées ou encore des vomissements peuvent aussi se manifester. Puis après ces premiers symptômes, qui durent quelques jours, l'hantavirus des Andes peut provoquer un syndrome pulmonaire. Des symptômes comme une toux ou des difficultés à respirer sont alors présents. Dans les cas les plus graves, une défaillance pulmonaire et cardiaque peut survenir, avec un risque important de décès.
Au cours d'une conférence de presse organisée ce mardi 12 mai, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a fait le point sur les 5 passagers Français qui étaient à bord du navire. Une patiente, âgée de plus de 65 ans, a été testée positive à l'hantavirus, et est toujours hospitalisée. Elle "présente une forme grave et est en réanimation dans un état grave", a précisé la ministre de la Santé. Les 4 autres passagers sont pour le moment toujours testés négatifs, et ont été placés en isolement à l'hôpital Bichat à Paris.
L'Internaute



