"La canicule est une souffrance de classe", déplore le sénateur communiste Ian Brossat

L'épisode caniculaire diminue en intensité, seuls deux départements sont placés en vigilance rouge en France, à savoir le Bas-Rhin et Haut-Rhin. "L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'est du pays, de l'air plus frais progresse par l'ouest et le nord-ouest", explique Météo-France. Sauf que l'effet à retardement de la chaleur sur les organismes maintient les hôpitaux sous forte tension et fait craindre une forte surmortalité.
Depuis mercredi, un millier de décès de plus que la normale ont déjà été recensés en France, a annoncé ce dimanche l'agence nationale de santé publique. "Tout cela doit nous conduire à une prise de conscience et à des décisions, notamment de la part du gouvernement", a réagi ce dimanche sur RMC Ian Brossat, conseiller de Paris et sénateur communiste. Samedi, le Samu de Paris a indiqué avoir recensé en 24h 109 morts sur la voie publique ou à domicile, soit trois à quatre fois plus que la normale.

"La canicule est une souffrance de classe. Les classes populaires sont davantage impactées que les autres et les politiques publiques doivent d'abord se tourner vers elle", a martelé l'élu communiste, qui rappelle "Dès 2015, les députés communistes avaient déposé un amendement pour faire valoir un droit de retrait en cas de canicule au travail à l'extérieur si cela devient invivable."
"Je me bats pour qu'à Paris, il n'y ait plus un seul logement social qui ne soit pas doté de volets"
L'ancien adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo, chargé du logement de 2014 à 2023, plaide pour "grand plan d'isolation des bâtiments". "Il faut avancer sur une série de solutions : des volets. Je suis frappé par le fait qu'on loue des appartements sans volets. Cela fait diminuer la température de 3 à 5 degrés. Ce sont des solutions simples et peu coûteuses", avance-t-il.
"Je me bats pour qu'à Paris, il n'y ait plus un seul logement social qui ne soit pas doté de volets. Un Parisien sur trois vit en logement social. On doit avoir des stores partout, sinon c'est inhumain", poursuit l'élu communiste.
"Deuxièmement, on a besoin de réfléchir au partage de la fraîcheur. Le jardin de Matignon fait 2 hectares. Il est ouvert aux Journées du patrimoine et fermé le reste du temps. Le lycée Stanislas a deux piscines réservées aux lycéens de Stanislas. On pourrait imaginer qu'en vigilance rouge, ces lieux puissent être ouverts à la population, de manière à ce que des gens qui crèvent de chaud puissent profiter de la fraîcheur", propose Ian Brossat.

Le conseiller de Paris l'affirme: "On ne peut pas nous reprocher de ne pas avoir traité l'enjeu climatique. Sur la question des écoles, on en a 600. Il y a 300 cours Oasis dans lesquelles on débitume. 200 des 600 écoles ont été rénovées à Paris. Il reste énormément de travail pour qu'elles ne soient pas des bouilloires."
Dans un entretien accordé à La Tribune dimanche, le paléoclimatologue Jean Jouzel, vice-président du Giec (groupe d'experts sur le climat travaillant pour le compte de l'ONU), a déploré un "un manque de courage politique". "S'adapter ne suffira pas. Il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas un jeu", a-t-il insisté. "Comme à chaque fois, quand la vague de chaleur sera terminée, les politiques passeront à autre chose", regrette également le scientifique.
Et ce alors que "dès la semaine prochaine, le gouvernement fait débattre au Sénat pour remettre à la location 700.000 logements qui sont des passoires thermiques", déplore Ian Brossat. "On vient de vivre une canicule terrible. La seule conclusion qu'on en tire, c'est qu'on va remettre en location des logements qui devraient être retirés du circuit locatif, hyper froids en hiver et chauds en été", s'agace le communiste.
"Le RN est disqualifié" en raison de ses positions sur le réchauffement climatique", estime Ian Brossat
Ian Brossat concède néanmoins: "En tant que responsables politiques, on devrait avoir l'humilité de reconnaître qu'il y a une forme de faillite collective dans un certain nombre de domaines", dit-il, espérant que l'adaptation et la luttre contre le réchauffement climatique seront des enjeux phares de l'élection présidentielle de 2027, affirmant au passage que le RN est "disqualifié" d'office en raison de ses positions sur la question.
RMC



