Grand Nancy. Nancy Open Air : le guerrier Orelsan terrasse la canicule et le Zénith

À « Wow ! Le brumisateur de l’espace ! » Ce samedi, alors qu’elle rejoint l’amphithéâtre plein air du Zénith du Grand Nancy, Ophélie est accueillie par cette bruine rafraîchissante que des milliers de fans ont plébiscitée.
Des fans ayant attendu le dernier moment pour regagner le site du Nancy Open Air pour cette date que l’alerte rouge canicule a failli terrasser. Mais une fois les ultimes réglages mis en place (lire par ailleurs), Orelsan a pris possession des lieux.
Et c’est depuis les coulisses que l’artiste a ouvert son concert, le maillot de l’AS Nancy-Lorraine sur le dos. À la différence de Gims, la semaine passée, qui a envoyé deux sets calibrés « Festivals », à la scénographie minimaliste, Orelsan n’est pas venu pour faire dans la demi-mesure.
Des musiciens, des figurants, des costumes, des écrans géants… Ses deux complices de toujours Skread et Ablaye… La soirée attendue par les 16 000 personnes présentes s’annonçait puissante.
Elle l’a été. « Yoroï » a donné le ton. Le fil conducteur se faisait jour. Plus qu’un concert, c’est une histoire qu’Orelsan est venu raconter. Simple. Basique, dit-il. Pour lui, évidemment. Même lorsqu’il est assis sur le toit d’une camionnette de poche avant de rejoindre sa bâtisse, au Japon, « achetée sur TikTok » où il coule une vie de couple dans laquelle le « Boss »… Ce n’est pas lui.
Pas de quoi le désarmer, en tout cas, même lorsqu’il se retrouve au fond du puits de cette demeure mystique, affublé de son armure. Le moment pour lui de faire vibrer la fibre nostalgique d’un public reprenant en chœur « Pour le pire », « Jimmy Punchline », « Le chant des Sirènes », « La pluie » ou encore « Rêves bizarre » dans un medley qui va mettre à l’arrêt le show.
Pause fraîcheur ? Pas vraiment. En l’occurrence un black-out net, durant lequel Orelsan prend le temps de signer des autographes dans le public avant que tout rentre dans l’ordre.
C’est cela aussi la patte Orelsan. On ne se prend pas la tête, on suit la devise de Yoroï « Le monde, c’est c’que t’en fais ! ».
Si certains se sont posé la question de savoir si l’artiste était en mesure de confirmer l’immense succès, auprès du grand public, de « Civilisation », ce samedi soir, la réponse a fusé. Du studio à la scène, l’univers d’Orelsan se transpose sans broncher. Au contraire, même. L’intensité qu’y met l’artiste apporte un incroyable relief à une œuvre musicale tout aussi vertigineuse.
La quête aura survécu à l’odeur de l’essence. Elle n’est pas finie. Et c’est tant mieux.
Canicule : mobilisation générale des organisateurs
Lors de l’ultime réunion, qui s’est tenue vendredi entre les services de l’État et les organisateurs du Nancy Open Air, la couleur a été clairement annoncée. Le concert d’Orelsan est maintenu mais sous conditions.
Le recul du début du concert acté, place à l’ajustement des moyens à déployer. Pour le Zénith du Grand Nancy, outre, notamment, l’aménagement de zones ombragées, trois énormes brumisateurs ont fait le boulot.
Mobilisation rapidePour la Protection civile de Meurthe-et-Moselle, la mobilisation a été rapide. « Nous sommes quarante-six présents ce samedi, contre une vingtaine habituellement. Nous avons pu nous appuyer sur notre solide réseau de bénévoles. Nous avons, en outre, deux médecins présents sur le site au lieu d’un, ainsi que six ambulances contre trois habituellement. Quoi qu’il en soit, c’est une belle confiance que le préfet nous a accordée », souligne Alexandre Mayeux, directeur général de la Protection civile de Meurthe-et-Moselle.
La structure a également déployé deux bassins d’immersion. « Cela nous permet d’immerger les gens en hyperthermie. Les zones à rafraîchir sont la nuque, les aisselles et l’aine », explique l’un des cadres mobilisés. Tout comme les bénévoles présents allant au-devant du public avec des brumisateurs.
Distribution d’eauCeux qui sont également allés à la rencontre des spectateurs, ce sont les agents de sécurité. Eux aussi présents en nombre. « Dix agents ont été appelés en renfort. Parmi eux, des agents formés SSIAP (N.D.L.R. : service de sécurité incendie et d’assistance à personnes) qui travaille en lien avec la Protection civile. Il est nécessaire d’anticiper. Nous allons vers le public et nous assurons aussi des rotations afin de distribuer des bouteilles d’eau et aux équipes travaillant sur le site, et au public », ponctue le patron de Centurial Sécurité, Brice Pinto.
Yannick Vernini
L'Est Républicain


