Face à Anthropic qui ne permet toujours pas à l'UE de tester son puissant modèle d'IA, Mythos, le Français Mistral travaille sur sa propre version

Mythos, le modèle d'IA capable de détecter des failles dans des logiciels existants, pourrait bientôt avoir un nouveau concurrent. Depuis que la start-up américaine Anthropic a lancé cet outil aussi impressionnant qu'inquiétant, nombre d'entreprises, institutions et organisations veulent l'utiliser pour mieux défendre leurs systèmes. Mais seule une poignée y ont accès actuellement pour des raisons de sécurité, dont aucune en Europe.
Face à ce problème, l'entreprise d'IA française Mistral prévoit de proposer sa propre version de Mythos. Selon Bloomberg, elle est actuellement en discussion avec des banques européennes pour le déploiement de cette solution. Elle collaborait déjà avec ses clients du secteur sur la détection de vulnérabilités par l'IA, mais la sortie du modèle d'Anthropic a précipité les choses. Mistral travaillerait ainsi désormais sur une version prête à l'emploi d'un produit qu'elle pourrait déployer plus largement.
La start-up française devrait présenter son outil comme une alternative locale à moindre risque. "Nous devons maîtriser cette technologie. On ne peut pas laisser le code source de l'armée française être analysé par Mythos. Cela crée une dépendance tellement irrémédiable que nous devons absolument trouver des solutions", a insisté son PDG, Arthur Mensch, lors d'une audition à l'Asssemblée nationale le 12 mai.
Il a également qualifié les discussions autour du modèle d'Anthropic de "discours alarmistes", assurant que la technologie de sa société et d'autres entreprises américaines et chinoises est déjà en mesure de détecter des failles de sécurité.
Pour le moment, on ignore quand Mistral lancera sa propre version de Mythos. Mais elle ne sera pas la seule à rendre son outil accessible à l'Union européenne. OpenAI a en effet annoncé, le 11 mai, qu'elle allait permettre à des entreprises, gouvernements, institutions et autorités de cybersécurité d'utiliser son nouveau modèle d'IA puissant, GPT-5.5 Cyber.
"Les laboratoires d'IA comme le nôtre ne devraient pas être les seuls arbitres de la cybersécurité, car la résilience dépend de la collaboration de partenaires de confiance", avait justifié un responsable de la société.
Cette initiative a été saluée par la Commission européenne, alors que le Vieux Continent n'a toujours pas pu tester Mythos. Bruxelles est toujours en contact avec Anthropic à ce sujet, mais après "quatre ou cinq" réunions, les discussions ne sont pas encore "au même stade" qu'avec OpenAI, a déploré Thomas Regnier, porte-parole de l'UE.
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