Michel Devoret, prix Nobel de physique : « L’ordinateur quantique verra le jour plus vite qu’on ne le pensait »

Entretien Mystérieux et insaisissable, l’ordinateur quantique fait l’objet d’une course effrénée entre les nations. Et les milliards pleuvent sur ce secteur hautement stratégique. Mais quels sont ses fondements et ses promesses ? Sera-t-il la prochaine grande révolution technologique ? L’un de ses pères fondateurs, le prix Nobel français Michel Devoret, nous propose une didactique et insiste sur la nécessité d’investir dans la recherche.
Propos recueillis par Corinne Bouchouchi
Portrait de Michel Devoret, prix Nobel de physique 2025, dans les locaux français de Google, le 8 juin 2026, à Paris. ARTHUR MERCIER POUR « LE NOUVEL OBS »
Pour aller plus loin
Veste à carreaux bleue et chemise blanche, yeux légèrement plissés derrière de fines lunettes, Michel Devoret, 73 ans, nous accueille dans une vaste salle de l’hôtel particulier qui sert de siège parisien à Google. En ce début juin 2026, l’effet « prix Nobel » que suscite ce professeur de physique n’est pas encore retombé, mais le chercheur au regard malicieux se prête volontiers au jeu de la pédagogie dans ce domaine si obscur qu’est la mécanique quantique.
Si le sujet est ardu, il suscite mille promesses et se retrouve au centre d’une course mondiale à l’innovation entre les Etats-Unis, la Chine et l’Europe. En particulier pour créer un ordinateur quantique qui s’appuierait sur les « qubits », ces systèmes capables de représenter une combinaison de 0 …
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