La part des jeunes dans les dossiers de surendettement augmente, selon un rapport

Le nombre de dossiers de surendettement a bondi de 10,7 % sur les cinq premiers mois de 2026, a annoncé la Banque de France. En 2025, la hausse a été de 9,8 %. 62 % des personnes concernées vivent sous le seuil de pauvreté et 26 % sont au chômage.
« La poursuite de la hausse du surendettement, notamment chez les jeunes de 18-29 ans » représente un « point de vigilance », avertit dans un communiqué cet observatoire, présidé par le gouverneur de la Banque de France. En 2025, cette tranche d’âge représentait 12 % des dossiers déposés. Et cette proportion n’était que de 5 % en 2022, souligne l’OIB.
Au total, 150 000 dossiers de surendettement ont été déposés l’an dernier, en progression de 9,8 % par rapport à 2024, mais nettement en deçà du niveau atteint il y a dix ans (-32 % par rapport à 2015). La hausse observée en 2025 est portée par la « diffusion croissante des paiements fractionnés et des minicrédits », qui représentent presque 15 % des crédits à la consommation.
Souvent proposés par des acteurs non-bancaires, comme des sites de vente en ligne, échelonnements de paiements et minicrédits devraient être mieux encadrés après la transposition de la directive européenne relative aux contrats de crédit aux consommateurs (dite CCD2), qui entre en vigueur en novembre.
« C’est important que la directive encadre ce type de crédits mais nous voudrions qu’elle aille plus loin et que les contrôles soient renforcés », avait commenté Emmanuel Moulin, lors de sa première conférence de presse depuis sa nomination comme gouverneur de la Banque de France, début juin.
L’augmentation du surendettement se produit dans un contexte où les plus fragiles subissent les effets retardés de l’inflation de 2022-2023 et où l’entrée sur le marché du travail et l’accès au logement sont difficiles pour les jeunes, ont détaillé les représentants de l’OIB lors d’une conférence de presse.
L’observatoire se félicite cependant que les banques repèrent davantage en amont les clients présentant un risque de basculer dans le surendettement. Fin 2025, 4,8 millions de clients ont été identifiés en situation de fragilité financière par les banques, en hausse de 5,1 % sur un an.
Cela « démontre que l’action au quotidien des banques permet de contribuer à une inclusion bancaire effective », a salué dans un communiqué la Fédération bancaire française, le lobby du secteur. L’Observatoire de l’inclusion bancaire, créé en 2013, suit les pratiques des établissements de crédit en matière d’inclusion bancaire, en particulier vis-à-vis des populations financièrement fragiles, et émet des préconisations.
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L'Humanité


