Finances locales : les collectivités appellent à « changer de méthode » sur le budget

Les collectivités ont appelé mardi 9 juin, par la voix du Comité des finances locales (CFL) qui les représente, à « changer de méthode » pour élaborer le budget 2027 et à ne plus multiplier les prélèvements ou les baisses de compensations d’impôts supprimés.
Selon le pré-rapport du CFL pour 2025, les dépenses de fonctionnement de l’ensemble des strates de collectivités ont très peu progressé l’an dernier (+1,4 %), la plus faible augmentation enregistrée depuis 2020. Sont notamment concernées les dépenses d’intervention comme les aides aux associations, mais également les frais de personnel.
Cette tendance s’explique notamment par une hausse beaucoup moins élevée de l’inflation, ou encore par la fin des effets induits par la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires. Certains postes restent toutefois « très dynamiques » comme les dépenses d’hébergement pour l’Aide sociale à l’enfance.
« Ces chiffres publics, objectifs, validés, corroborent l’analyse qui était celle des élus locaux et viennent contredire un certain nombre de discours (…) Non, les collectivités territoriales ne voient pas exploser leurs dépenses de fonctionnement », a commenté Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse et nouveau président du CFL. Il remplace à ce poste le socialiste André Laignel à qui il a rendu hommage.
Les recettes de fonctionnement comme la TVA sont quant à elles « de moins en moins dynamiques » (+2,2 %), tandis que l’investissement local enregistre un coup de frein (+1,7 %) après quatre années de forte hausse. Globalement, le besoin de financement reste important, la différence entre recettes et dépenses (avant mouvements sur la dette) étant négative (– 8,4 milliards d’euros), ce qui augmente la dette de 4,4 %.
« Depuis 2023, toutes les catégories de collectivités sont en situation de besoin de financement », note le CFL, qui rappelle que ce n’était pas le cas entre 2015 et 2022, l’année 2020 mise à part.
Les collectivités ne cessent d’avertir sur les effets des ponctions voulues par les gouvernements successifs pour redresser les finances publiques, les obligeant à puiser dans leur épargne et à recourir davantage à l’emprunt. « Il est urgent de changer de méthode pour préparer les budgets suivants », a prévenu Jean-François Debat, fustigeant par ailleurs les 40 milliards d’euros d’impôts locaux supprimés.
Sur l’ensemble du mandat 2020-2025, marqué par de multiples crises, les dépenses de fonctionnement du bloc communal ont augmenté « au même rythme que sur le mandat précédent » hors inflation, tandis que les investissements ont fortement augmenté pour les communes et leurs intercommunalités, relève encore le CFL.
La Croıx



