"Je me suis fait avoir", "J'étais prélevée en double"... Attention aux pièges avec les paiements fractionnés

Alors que le Premier ministre prolonge la durée des soldes pour les commerçants impactés par la canicule et une baisse de la fréquentation, France Télévisions s'intéresse aux paiements fractionnés, utilisés par 79% des Français. Le système est-il à l’abri de fraudes ? Il sera plus encadrés à partir de novembre 2026.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
De l'électroménager, des équipements sportifs, du mobilier ou même des voyages : tout ou presque peut s'acheter désormais en paiement fractionné. Dans une enseigne de décoration, payer en plusieurs fois est devenu monnaie courante. Une bonne option pour une cliente. "Ça me permet de garder de la liquidité pour d'autres choses. C'est bien d'échelonner quand on n'a pas tout le budget", estime-t-elle.
Ici, les achats de 90 à 8 000 euros peuvent être fractionnés. Une facilité de paiement également pour une jeune maman, afin de meubler la chambre de son nouveau-né. "Le lit, le matelas, le transat. Quand on n'a pas forcément le budget, qu'on doit tout de suite acheter, quand c'est nécessaire, on a la possibilité du coup d'étaler", avance Priscillia Bellonet, adepte du paiement fractionné.
Comme elle, 79% des Français ont eu recours aux paiements fractionnés. Un système devenu incontournable aussi pour les magasins. "Aujourd'hui, dans notre enseigne, c'est à peu près 20% des tickets de notre magasin. Ça leur offre un petit peu plus de pouvoir d'achat, et ça permet aussi d'aller sur des collections, des fois, qu'ils estiment inaccessibles", indique Antoine Devacht, le directeur du magasin Maisons du Monde d’Herblay-sur-Seine (Val-d'Oise).
Pour proposer ces services, les enseignes passent par des intermédiaires pour financer leurs clients. Et parfois, la promesse de n'avoir aucun frais n'est pas tenue. C'est ce qui est arrivé à une étudiante. Elle s'est laissée tenter par des montures de marque. "Donc là, mes lunettes de vue. Et je me suis fait plaisir en prenant également des lunettes de soleil", explique Bérosia Kissangou. L'opticien lui propose de payer via une plateforme. Mais après la première mensualité, il change de prestataire. "J'ai eu un nouveau financement. Mais comme l'ancien financement continuait de me prélever, j'étais prélevée en double", poursuit-elle.
Pour éviter les prélèvements, elle retire l'argent de son compte, mais se voit infliger des frais de rejet de 53 euros chaque mois. C'est la double peine. "Qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est pas normal. Déjà que de base, je ne leur devais pas cet argent. Là, ça a commencé vraiment à prendre des proportions alarmantes", raconte-t-elle. Un an après, elle a récupéré ses fonds. L'opticien et la plateforme se renvoient la responsabilité.
Le paiement fractionné a été une mauvaise surprise également pour Ewa Lacroix, une retraitée. Elle a acheté une tablette à 900 euros, proposée avec une réduction d'une cinquantaine d'euros à condition qu'elle paie en trois fois. Mais quelques heures plus tard, elle a reçu un courriel l'informant qu'elle a souscrit un crédit renouvelable. "J'étais très agacée par ce procédé parce que, croyez-moi, je n'aurais jamais accepté ce rabais, quel qu'il soit, sachant tout ce que je sais maintenant. En fait, je me suis fait avoir", déplore-t-elle.
L'enseigne d'électroménager assure donner toutes les informations aux clients lors de la signature du contrat. À partir de novembre, les paiements fractionnés seront considérés comme des crédits à la consommation, de quoi mieux encadrer les frais cachés.
Francetvinfo



